• Un roman à lire : Les proies de Thomas Cullinan - finMais sont-elles réellement si naïves, ces jeunes filles, certaines déjà en fleurs appétantes mais d’autres encore en bourgeons à peine turgescents ?

    Ces jeunes filles qui visiblement ne se supportent pas les unes les autres sont-elles des proies faciles pour un jeune homme intelligent et beau garçon ? Et les vieilles rombières ? Que cachent-elles dans leurs tiroirs, dans leurs armoires ? Qu’y a-t-il sous le regard fier et hautain de l’une et le penchant pour l’alcool de l’autre ? La cadette semble plus humaine et l’aînée implacable, mais qu’en est-il réellement ? La tension monte, la menace rôde et enfle. Mais derrière quel personnage se profile le plus grand danger ?

    Le huis-clos de la maison Farnsworth devient de plus en plus glauque et oppressant au fur et à mesure du récit alterné de chacune des protagonistes, le soldat n’ayant droit au chapitre que par voix indirecte. C’est donc bien elles qui agissent, et lui qui subit. Le prédateur devient victime. Il se noue peu à peu un drame entre le salon occupé par McBurney trônant sur sa méridienne, la bibliothèque feutrée où se dispensent des cours dont tout le monde se moque éperdument, la cuisine où s’affaire Mattie et se montent les complots, les chambres à coucher qui recèlent secrets et péchés et le grand escalier central où se joue l’acmé d’une tragédie sulfureuse et morbide.

    Oui, la sexualité est abordée sous ses aspects les plus sordides et la fin est aussi odieuse que barbare, au point de reléguer au second plan la boucherie humaine de la Wilderness. Oui, les femmes sont dépeintes sous un jour très peu flatteur. Oui, la domestique noire est caricaturale, tout comme la soeur aînée, archétype de la mégère. Et pourtant s’insinuent progressivement dans ces clichés des zone grises, des ombres portées, des frontières estompées qui brouillent les cartes. Clint Eastwood aurait dit à Don Siegel ne pas savoir s’il avait adoré ou détesté le roman, ni même s’il l’avait vraiment compris. Et on l’imagine aisément. Car c’est un roman qui dérange… un roman à l’intrigue narrative reposant exclusivement sur la psychologie des personnages si bien construite qu’elle mène le lecteur à boire jusqu’à la lie ce ténébreux et fascinant « psychological sexual novel ».


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  • Les éditions Anne d’Hercourt ont vu le jour en novembre dernier et je suis ravie de vous présenter l’un de leurs tout premiers livres au catalogue. D’autant plus que ces « Nano lectures » s’inscrivent dans un genre peu commun, audacieux et délicat, que l’on pourrait qualifier, faute de meilleure inspiration, de « nouvelles à chute traitées à la façon d’un poème en prose »…

    Barbara Bibs nous propose une petite trentaine de textes très brefs, de deux, trois, quatre pages chacun, tour à tour pétillants, mordants, attendris ou moqueurs, souvent décalés, qui nous emmènent directement là où on n’aurait jamais pensé atterrir, avec beaucoup de délectation et d’humour pour le lecteur, mais aussi à n’en pas douter beaucoup d’habileté et d’application pour l’auteur.

     

    Car brièveté et concision n’équivalent en rien à facilité ou simplicité, bien au contraire. On s’en rend aisément compte lors de ces nano lectures qui gagnent à être mises en voix afin de pouvoir jouir de leur musicalité. Mais même en mode sourdine, le lecteur ne pourra qu’apprécier la richesse des associations de mots et d’idées, la goguenardise bonhomme et contagieuse qui force le sourire, l’ingénieuse faculté à capter le lecteur et à le surprendre sur une si courte distance.

     


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  •  Pour une promotion auprès des professeurs

     Cela dit, tout le travail effectué par une équipe motivée, toutes les ressources du site nécessitent un véritable travail de promotion auprès des professeurs. Nous avons cette année décidé de passer par une communication papier. Un dépliant issu de la coordination entre l’inspection, le groupe TICE recherche éducation et le CRDP a été réalisé et diffusé à tous les professeurs de l’Académie.

     Les retombées immédiates ont été intéressantes avec un accroissement sensible de la fréquentation du site et des questions posées par mél aux différents membres de l’équipe. Il est vrai que l’incitation des IPR de Lettres a été forte avec la mise en ligne de la charte des examinateurs des nouvelles EAF en ligne, avec la référence explicite à celle-ci dans la lettre de cadrage de l’examen sans diffusion papier de la charte.
    Nous avancerons dans ce travail de communication autour du site en renouvelant une diffusion d’information papier mais aussi en utilisant des listes de diffusion pour informer des nouveautés et des nouveh2urces mises en ligne.

    L’objectif de ce site académique est :

    -  que les professeurs de l’Académie considèrent que le site est leur site,
     -  que la communication mél et la diffusion d’expériences deviennent naturelles,
     -  que les intranets d’établissement soient réellement utilisés (pour ce faire nous préparons un portail disciplinaire afin que les professeurs n’aient pas tout à créer eux-mêmes que).

    Il s’agit en clair de créer une logique d’échanges de pratiques en montrant que les nouveaux médias facilitent grandement les choses.

    Pour une action concertée afin d’accompagner les évolutions pédagogiques

     Pour finir, nous voudrions insister sur le fait que le virtuel ne peut se passer du réel. Si nous atteignons les objectifs mentionnés ci-dessus, ce sera autant par l’intensification de la communication virtuelle que par l’intensification des échanges réels. Il s’agit donc d’accompagner ce mouvement par une action concertée entre le CRDP et les actions de formation inscrites au plan académique de formation.

     Il faut en effet sans relâche accompagner les professeurs et leur donner confiance, leur montrer que les outils multimédia ne sont pas de simples gadgets mais que leur utilisation permet d’accéder à d’immenses ressources, c’est pour cela que le traitement de l’image y trouve naturellement sa place, c’est parce qu’enfin les ressources sont disponibles facilement.

     Ces ressources peuvent également permettre la mise en œuvre d’un autre type de pédagogie où le professeur conseille, guide, permet une utilisation réfléchie et distanciée des outils.
    L’objectif par le biais de journées pédagogiques, de séminaires ou de formations est de susciter le débat et la réflexion. Il est vrai que certains produits éditoriaux multimédias constituent parfois un retour en arrière tant dans les méthodes d’évaluation et la pédagogie. Il faut donc qu’il y ait débat et confrontation d’idées.

     


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    On nous rabâche à longueur de temps qu'il faut lire...oui, mais lire quoi ? Quand on entre dans les grandes librairies dont il sera ici inutile de préciser les noms, on se retrouve étouffé par toutes ces étagères bondées, ces livres sitôt rangés, sitôt oubliés...Que faire ? Prendre le premier livre de poche qui nous tombe dans les mains et fuir ? tester le livre en papier électronique interactif ? ...

             On peut dépenser de l'argent préalablement pour lire les grandes critiques, dans les magazines, mais on pourra leur reprocher parfois d'être élitistes, ou d'autres fois, d'être bien éloignées de notre désir de lecteur. On peut aussi écouter le bouche-à-oreille, mais un risque majeur existe : ne lire plus que du Anna Gavalda, Amélie Nothomb ou Houellebecq...mais il est nécessaire de lire également d'autres auteurs.

             Alors, une seule solution, gratuite : pourquoi ne pas suivre les carnets de lecture sur le net, qui abondent, sous forme de blogs ? ou des ebooks gratuits : il en existe des milliers, il y en a bien un qui aura votre profil. C'est ainsi qu'on déniche les coups de cœur, les derniers livres qui font parler, mais surtout les découvertes ! Justement, sur LirePlus, on essaye de vous proposer des choses variées, des romans que les grands lecteurs détesteront, mais d'autres qui feront le bonheur des lecteurs occasionnels, des découvertes, des originalités...On lit tout ce qui nous plaît.

             Comment on choisit un livre ? Le titre est important, le résumé aussi en quatrième de couverture... Mais on fait comme tout le monde, on fouille le web à la recherche de la perle, du coup de coeur qui en aurait fait craquer plus d'un. Bouche à oreille, oreille à bouche.

             Il ne nous reste plus qu'à vous souhaiter une agréable visite sur notre site. Nous vous invitons à découvrir nos rubriques ainsi que nos petites surprises : une section 'spécial cuisine' : des chroniques culinaires (oui, on dévore les livres !) ainsi que 'lireplus junior', zone consacrée à nos lecteurs cadets !).
             Bonnes lectures...

     


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  • Un roman à lire : Les proies de Thomas Cullinan Les proies… ce titre vous dit peut-être quelque chose, surtout si vous êtes cinéphile : Don Siegel derrière la caméra en 1970, Clint Eastwood dans le rôle titre. L’acteur a lu le roman éponyme de Thomas Cullinan publié en 1966 et en a parlé au réalisateur qui fut séduit par ce huis-clos dérangeant sur fond de guerre de Sécession. Et en effet, le roman a de quoi frapper les esprits.

    Nous sommes en 1864, en bordure de la Wilderness, cette forêt de Virginie où se déroule une bataille qui deviendra tristement célèbre par sa sauvagerie et dont il a déjà été fait mention ici. Les sœurs Farnsworth, vieilles filles endurcies livrées à elles-mêmes depuis la disparition des hommes de la famille, ont institué dans leur maison de maître d’un Etat confédéré du Sud un pensionnat de jeunes filles qu’elles dirigent d’une main ferme. Enfin, surtout, l’aînée des deux, Martha, femme autoritaire et stricte, au cœur inflexible et à la morale d’airain. Harriet semble quant à elle avoir un cœur trop tendre et une sensibilité à fleur de peau, signes de la faiblesse qui la caractérise aux yeux de sa sœur mais également signe de bonté aux yeux de Mattie, la seule domestique noire qui subsiste encore après la débâcle familiale, seule rescapée de la gloire et l’opulence passées.

     Alors que le bruit des canons résonne alentour et que la fumée des incendies encercle le domaine, une des plus jeunes pensionnaires ramène d’une escapade dans les bois un soldat yankee blessé à la jambe. Le caporal McBurney fait ainsi involontairement irruption dans le décor de porcelaine immuable et préservé de cette école de filles, bouleversant le quotidien et jetant par sa seule présence de jeune mâle alangui en voie de guérison un pavé dans cet univers féminin pétri de secrets, de rancoeurs et de petites perfidies. Captant ce climat délétère et l’ambiance fin de règne de la maison, le soldat profite de la situation et de la naïveté féminine pour manipuler son monde.

    à suivre...

     


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